L’essentiel en 30 secondes
- Le greenwashing, c'est une promesse verte sans preuve : « neutre en carbone », « 100 % compensé », « cloud vert ».
- Depuis le 1er janvier 2023, ces allégations sont interdites sans bilan carbone public et trajectoire de réduction (décret 2022-539).
- Trois réflexes : exiger le chiffre sourcé, se méfier des formules globales, comparer au cycle de vie complet.
Des promesses partout, des preuves rarement
Le numérique regorge d'arguments verts : cloud « vert », smartphone « éco-conçu », service « neutre en carbone », dématérialisation présentée comme « zéro impact ». Certaines démarches sont sincères et documentées. Mais sans preuve accessible, une promesse verte ne vaut pas mieux qu'un argument de vente.
Le piège classique, c'est la formule globale : un mot rassurant (« vert », « écolo », « propre », « neutre ») qui ne dit ni quoi, ni combien, ni par rapport à quoi. Or un bilan sérieux précise toujours le périmètre (fabrication ? usage ? lequel ?), l'année et la source.
- « Neutre en carbone » ou « 100 % compensé » sans bilan publié
- « Vert », « écolo », « propre » sans périmètre ni chiffre
- « Dématérialisé » vendu comme « zéro impact », alors que serveurs et réseaux tournent 24h/24
Ce que la loi exige depuis 2023
La loi climat et résilience (2021) a serré la vis : le décret n° 2022-539 interdit depuis le 1er janvier 2023 d'affirmer qu'un produit ou un service est « neutre en carbone », « zéro carbone », « climatiquement neutre », « intégralement compensé » ou « 100 % compensé », sauf à rendre publics un bilan des émissions sur tout le cycle de vie, une trajectoire de réduction et les modalités de compensation.
Côté publicité, la recommandation Développement durable de l'ARPP (version 3, août 2020) exige des arguments justifiés par des éléments objectifs et vérifiables. Et ça se contrôle : le bilan ADEME-ARPP 2023-2024 a passé en revue 1 015 publicités à argument environnemental, avec 93,6 % de conformité et 41 manquements relevés.
93,6 %
Publicités à argument environnemental jugées conformes en 2023-2024, sur 1 015 analysées (41 manquements)
3 réflexes avant d'y croire
Pas besoin d'être expert pour trier : trois questions simples éliminent la plupart des promesses en l'air, sans se priver et sans culpabiliser.
- Exiger le chiffre sourcé : un vrai engagement cite une étude, un bilan, une année vérifiable
- Se méfier des formules globales : « vert » ne dit ni quoi, ni combien, ni par rapport à quoi
- Regarder tout le cycle de vie : la fabrication concentre l'essentiel de l'empreinte (ADEME-Arcep 2023 ; ADEME, Impact CO₂ 2025), un accessoire « vert » ne change pas le bilan d'un appareil
Et si la preuve existe, où la trouver ?
Une allégation « neutre en carbone » en règle renvoie vers un bilan d'émissions public, mis à jour chaque année, avec la trajectoire de réduction et le détail de la compensation. Si ce lien n'existe pas ou mène à une page floue, la promesse ne respecte pas le décret 2022-539.
Pour le reste, les repères fiables restent les mêmes que partout sur ce site : ADEME (Impact CO₂, Base Empreinte), Arcep (enquête annuelle), Global E-waste Monitor pour les déchets, et les labels vérifiables plutôt que les slogans.
À retenir
- Promesse verte sans preuve publique : c'est du marketing, pas un bilan.
- Depuis 2023, « neutre en carbone » sans bilan et trajectoire publiés est interdit.
- Chiffre sourcé, périmètre précis, cycle de vie complet : les trois réflexes.
Sources
- Décret n° 2022-539 du 13 avril 2022, allégations de neutralité carbone (applicable au 01/01/2023)
- ARPP, recommandation Développement durable v3 (août 2020)
- ADEME-ARPP, bilan Publicité et environnement 2023-2024 (02/10/2024 : 1 015 publicités, 93,6 % conformes, 41 manquements)
- ADEME, Impact CO₂ (mise à jour 2025) ; ADEME-Arcep 2023 (fabrication ≈ 75 % des impacts)
